Le Moulin des Prés Au début du XIX siècle,

Article issu du livre de André Marcel « Quillan Histoire Populaire »

Le Moulin des Prés Au début du XIX siècle, le nombre de moulins situés sur le territoire de la commune de Quillan était de trois.

Deux se localisaient à Laval sur le ruisseau du Saint-Bertrand et le troisième sur l’Aude au niveau du Pont Vieux. Ginoles ne comptait alors qu’un seul moulin. C’est le meunier de Ginoles, Guillaume Camredon, qui obtiendra en l’an X, malgré de multiples protestations, l’autorisation de construire un moulin à farine à Quillan et de prendre l’eau dans le Coulent, sans digue ni chaussée.

Les eaux du Coulent allaient donc alimenter trois moulins à farine : le moulin des Prés, moulin à deux meules ; la « moulinette », moulin à une meule situé à 150 mètres en amont du précédent et le moulin de Ginoles-les-Bains. Propriété de Bathilde Delmas de Belvianes, le moulin des Prés est ainsi décrit au XIX° siècle : « moulin à eau faisant de grains farine à deux meules sis au local d’al mouli das Pratz et mis en jeu par la rivière du Coulant, avec ustensiles tournant, travaillant, meules et dépendances ». Ce moulin sera donné à bail emphytéotique à Barthélémy Bertrand, meunier domicilié à Cascastel, en 1830.

Les Serrus de Chalabre, héritiers de la propriétaire, le vendront avec les terres environnantes à Antoine Bertrand vers 1880. Le fils de ce dernier, Elie, reprendra l’activité jusqu’en 1927, date de son décès.

C’est son gendre Emile Jean, originaire de Roquefeuil et époux de Juliette Bertrand, qui sera le dernier représentant de la dynastie des meuniers du moulin des Prés. Il mourra en 1969 à l’âge de 80 ans, un an après avoir cessé ses activités.

La sauvegarde du moulin et la mise en valeur des installations de meunerie1376 sont dues au docteur Bourrel et à son épouse, Mimi Jean, fille du dernier meunier.

Les photos de l’intérieur du Moulin des Près ont été fournies par Pierre Bourrel.

Le Moulin de l’Archevêque de Narbonne

Article issu du livre de André Marcel « Quillan Histoire Populaire »

Situé en tête du pont vieux sur la rive droite de l’Aude, le Moulin de l’Archevêque de Narbonne était un moulin à farine ou « moulin à blé » propriété des archevêques de Narbonne, seigneurs temporels de Quillan.

Les parties basses du moulin, notamment la voûte du canal d’amenée, dataient du XIIIe siècle. Au XX° siècle, ce moulin était connu sous le nom de moulin de « la chaussée haute » ou moulin du Pont.

Le moulin et l’immeuble d’habitation contigu ont été détruits en 1969 afin d’élargir le quai du Pouzadou. Cet aménagement était destiné à faciliter l’accès à l’usine Formica.

Si le plus ancien moulin de Quillan est attesté en 909, le moulin de l’Archevêque de Narbonne, situé sur la rivière d’Aude sous le lieu de Quillan, n’a été construit qu’en 1230-1232 par Bernard et Arnaud de Sauzils sur un terrain donné à nouveau fief par Pierre Amiel archevêque de Narbonne. Ce dernier s’était alors engagé à ce qu’il n’y ait aucun autre moulin dans la juridiction de Quillan.

En 1291, la chaussée du moulin archiepiscopal fournissait l’eau au moulin drapier de Cabesac, vraisemblablement situé sur la rive gauche de l’Aude, à l’emplacement de l’ancienne minoterie Ormières.

Dans la deuxième moitié du XIVe siècle, ce moulin à six roues figurait parmi les biens de l’archevêché de Narbonne. Les archevêques de Narbonne le donneront régulièrement à titre de fief jusqu’à la Révolution.

En 1628, alors que le château est dégradé, le moulin et sa chaussée sont en très bon état en raison de sa récente rénovation. L’habitation du meunier de six cannes de long sur 3,5 cannes de large se situait dans une tour. A côté de celle-ci, une sentinelle fort dégradée et inaccessible avait vue sur le pont.

En 1643, le moulin comprenait le logement du meunier, trois meules « meulantes » et tout l’équipement nécessaire à son fonctionnement. Partiellement détruit par un incendie en 1873, le moulin abritera dans son emprise la filature de Monsieur Pinet puis une fabrique de chaussure. Propriété de la famille Debosques, le moulin proprement dit possédait toujours ses trois meules en 1895.

L’aménagement de la rivière entrepris en 1969 lors de la destruction du moulin entraînera la disparition totale des vestiges de la chaussée. Celle-ci avait été gravement endommagée par une crue de l’Aude en 1952.