• Les trois principales industries audoises au XIXe siècle sont : les forges, le textile et la chapellerie.

En 1787, le département compte 15 forges dont une à Quillan. Couiza n’a pas de forge. En 1850, la plupart des forges ont disparu. En 1870, seule la forge de Quillan emploie encore 9 ouvriers. Le XVIIIe siècle est une période de grande prospérité pour l’industrie textile languedocienne en général, et audoise en particulier. Production de grande qualité, c’est la première activité industrielle du département.

Elle occupe, entre 1850 et 1860, dans le seul diocèse de Carcassonne, 18000 ouvriers.

En 1880, il n’y a plus que 1800 ouvriers ; en 1884, les manufactures de drap audoises n’existent plus.

Les causes de cette disparition sont multiples : relâchement dans la qualité, la confiance que nos marques inspiraient dans le Levant fut ébranlée- les Anglais profitèrent habilement de cette faute- et enfin les difficultés à moderniser les moyens de production. Seul le Limouxin aura résisté plus longtemps. La draperie limouxine connaît au XIXe siècle trois phases très nettes.

De 1812 à 1825, période de grande prospérité. Limoux exporte.

De 1825 à 1850, période de stagnation. Les débouchés extérieurs se ferment ou passent à la concurrence. La qualité des produits baissent.

De 1850 à 1860, période de décadence rapide.

Les mécaniques pour filatures introduites dans l’Aude vers 1811 ne s’installeront à Couiza qu’en 1813/1814.

En 1814, la seule filature de laine emploie 30 ouvriers. Elle a été créée par des fabricants de drap de Limoux « Germain JOLY – Père – et Martin PRATX » et maintiendra son activité jusqu’en 1837 environ.

La fermeture interviendra en 1840 – les salles du mécanique sont devenues un dépôt de manganèse de Casimir CAPTIER.

 

XVIIIe et XIXe siècles, Histoire de l’Industrie Chapelière en Haute Vallée.

 

  • L’implantation de la chapellerie dans la Haute Vallée de l’Aude paraît dater de la fin du XVIIIe siècle et du tout début du XIXe.

De ce que l’on peut lire et ce que l’on a pu entendre, des soldats de l’Armée Française, faits prisonniers pendant la guerre de sept ans (1756/1763 – règne de Louis XV) par les Prussiens, auraient pendant leur captivité appris le métier de chapelier. Ils l’ont exercé, à leur retour, dans le village de Bugarach jusqu’en 1820 où ils s’installèrent à Espéraza disposant de meilleurs atouts de développement. Ainsi, dès la fin du XVIIIe siècle et au tout début du XIXe, deux chefs de famille de Couiza exercent déjà la profession de chapelier ; ils ont noms : LABATUT et SIAU.

Ensuite, vers l’An VI de la République, l’un de ces artisans accueillera un jeune garçon venu de Chalabre afin de l’initier à ce métier fort en vogue.

Ce jeune garçon, Jean RUMEAU, est jusqu’à présent le premier chapelier de Couiza cité dans les actes.

Avec lui, les premiers chapeliers de Couiza sont : Pierre LABATUT, Pierre SIAU, Michel JEAN, Paul et Jean Baptiste SIAU.

En 1811, les deux établissements de Couiza occupent 3 ouvriers.

Une longue période de stagnation va s’ouvrir et durer jusqu’en 1855.

1856 voit la reprise s’installer et l’on assiste à un développement, mais début 1960 la chapellerie est au ralenti, les fabricants cherchent de nouveaux marchés – il y a reprise, et la chapellerie régionale emploie plus de 400 ouvriers.

Un an plus tard, la concurrence des chapeaux de paille ou d’étoffe fait chuter les ventes et il n’y a plus que 200 ouvriers.

En septembre 1875, les 12 chapelleries de Limoux, Couiza et Espéraza emploient dans leurs ateliers 840 ouvriers (500 hommes – 300femmes et 40 enfants).

En 1878, nouvelle crise. Les 9 établissements disséminés à Chalabre, Couiza, Espéraza et Quillan n’occupent plus que 189 ouvriers. La crise s’acharne sur la région à tel point qu’au 1er trimestre au 1880 aucun établissement industriel n’est signalé à Couiza.

En 1881, l’industrie chapelière ne se cantonne plus qu’à Limoux (7 hommes et 20 femmes) Quillan (25 hommes et 2 femmes), mais surtout à Espéraza où 6 usines occupent (200 hommes, 75 femmes et 25 filles mineures).

A Couiza se crée la « Société Raynaud et Cie » pour la vente de chapeaux. Les dépendances du château abritent pour leur part l’usine la plus importante de Couiza. Elle a été créée il y a une quinzaine d’années par Monsieur GUINOT, mécanicien et fabricant qui occupe en 1891 un nombreux personnel.

Elle expédie dans le monde entier des milliers de chapeaux, faits à la mode de Paris.

Quelques années plus tard, il ne reste plus qu’une usine de chapeaux à Couiza qui occupe 200 ouvriers.

En août 1898, après la morte saison les commandes devenant rares, à peine un quart des ouvriers ont repris le travail sur les 2000 que compte la Haute Vallée (1270 à Espéraza, 313 à Quillan et plus de 400 à Couiza. Le siècle se termine et, on l’aura remarqué, l’essor de l’industrie chapelière a connu bien des hauts et des bas mais a pu quand même se développer.