Le domaine ou château de La Jonquière.

Extrait du livre de André Marcel: « Quillan Histoire Populaire » en vente à l’Office de Tourisme de  Quillan Pyrénées Audoises.

Le domaine ou château de la Jonquière est connu sous l’appellation de château Dauphiné, du nom du dernier propriétaire du domaine.

Le domaine de la Jonquière, vraisemblablement propriété de la famille Jaubert au XVIII° siècle, a donné un temps son nom à une branche de cette famille : les Jaubert Lajonquière. Au XVIII° siècle, le domaine était propriété de la famille Bourrel, originaire de Saint-Julia-de Bec.

Emigrée en Russie, la famille Bourrel s’y fera connaître pour son excellence dans l’art culinaire. Dans les années mille huit cent quarante, le restaurant « Chez Borrel » (déformation de Bourrel avec l’accent russe) inaugure son grand salon. La presse, invitée au banquet, est sous le charme : « On (lui) avait beaucoup parlé de la magnificence et du luxe de tous les appartements de ce magnifique établissement. C’est un palais plus qu’un restaurant. » Jean Joseph Jules Bourrel, 1322 restaurateur à Saint-Pétersbourg, agrandira les bâtiments existant du domaine de la Jonquière au début des années mille huit cent quatre-vingt. En 1887, il y construit un pavillon suivi deux ans plus tard par de nouveaux bâtiments.

La tradition familiale assure que l’architecte du château de La Jonquière n’est autre que celui qui réalisa, à Alet, la villa Livadia de Monsieur Cubat, cuisinier à la cour de Russie. Ces deux chefs-d’œuvres, de styles fort différents, ont eu pour point commun de posséder des parcs ornés de séquoias géants. Vraisemblablement retiré à Quillan dans les dernières années du XIX° siècle, Joseph Bourrel dit Borrel, apparaît en qualité de propriétaire à La Jonquière en 1899.

Né à Saint-Julia-de-Bec en 1822, il est décédé à Quillan, « villa de la Jonquière », le 8 septembre 1901.

Le château, aux pièces ornées de stucs, de décors floraux et de cheminées de marbre blanc, est alors décoré dans la plus pure des traditions russes.

Sa veuve, Virginie Bastou,  fera don en 1912 à l’église de Quillan d’un très beau lustre qui avait orné le restaurant familial de Saint Pétersbourg. Dans les années vingt, son frère Pierre Bastou produisait avec ses vignes de Mirande un vin du Domaine de La Jonquière portant la dénomination de « Mirande » et titrant 12°. Jusqu’aux années quarante, le domaine de La Jonquière produira annuellement environ 500 hectolitres de vin.

En 1930, Charles Dauphiné y avait créé une station avicole de sélection qui restera en activité jusqu’à la fin des années cinquante.

Après le décès de Madame Dauphiné en 1986, le mobilier du château de La Jonquière, riche des collections Borrel, Bastou et Florin, sera dispersé ainsi que le domaine. La famille Péchou, descendant de ces illustres familles de restaurateurs et de confiseurs, possède encore le pavillon construit par Joseph Bourrel en 1887.